Une année d'articles sociologiques

Suspension momentanée du blog

Posté en 1 par Panda à 31 octobre 2009

Confronté à une charge de travail écrasante jusqu’à fin novembre au point de compter mes heures libres sur le doigts d’une main par semaine, je n’ai pas le temps d’alimenter ce blog. Rendez-vous le 5 décembre pour la suite.

Lettre pandane

Posté en Interludes par Panda à 15 octobre 2009

Mon cher Usbek,

Je devais ce matin me rendre de l’hôtel où je loge jusqu’à un lieu lointain, le palais où le chef des troglodytes devait présenter ses voeux pour la nouvelle année, cérémonie à laquelle j’avais été convié en tant qu’ambassadeur de notre prince, ainsi que tous les ambassadeurs dépêchés ici. Comme la perspective d’entendre pérorer le seigneur d’une pétaudière m’ennuyait assez, j’ai pris quelques temps pour m’extirper de mon lit, et me suis de ce fait trouvé assez en retard pour en être réduit à ne pas pouvoir héler de taxi, mais à devoir prendre le métro.

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Sociologie des effets pervers

Posté en Interludes par Panda à 7 octobre 2009

Ce graphisme est issu d’une réflexion expéditive conduite par un groupe de chercheurs improvisés sur les formes sous lesquelles il serait possible de restituer les résultats d’une enquête qualitative afin de frapper les esprits autant que par les chiffres qu’une enquête quantitative peut produire.

Le thème de la présente contribution était la sociologie des effets pervers appliquée à la ligne 13 du métro parisien.

Sociologie des effets pervers sur la ligne 13 du métro parisien

Les centres d’appels, usines modernes ? Les rationalisations paradoxales de la relation téléphonique

Posté en Travail par Panda à 19 septembre 2009

Buscato M. (2002), Les centres d’appels, usines modernes ? Les rationalisations paradoxales de la relation téléphonique, Sociologie du travail, vol. 44, n°1, pp. 99-117.

“Contre les illusions des théoriciens de la domination et du conditionnement, mais aussi contre les fantasmes de toute-puissance et de simplification qui surgissent constamment chez les hommes d’action, il faut donc affirmer avec force que la conduite humaine ne saurait être assimilée en aucun cas au produit mécanique de l’obéissance ou de la pression des données structurelles. Elle est toujours l’expression et la mise en oeuvre d’une liberté, aussi minime soit-elle.”

Quel meilleur contexte qu’un centre d’appels pour mettre de nouveau à l’épreuve de la réalité cette proposition déclamée avec virulence par Michel Crozier et son élève Erhard Friedberg dans L’acteur et le système, best-seller de la sociologie des organisations de la fin des années 70 ? Là où il paraît que le téléopérateur va jusqu’à lire les propos qu’il nous sert sur son écran en se suivant le déroulé d’un script rédigé à l’avance, de quelle marge de manoeuvre est-il bien possible de bénéficier pour éviter d’être réduit à la posture d’un Charlie Chaplin des temps (pour le coup, post-)modernes ? Marie Buscatto est allée investiguer sur place…

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De près et de loin, sans Lévi-Strauss

Posté en Interludes par Panda à 10 septembre 2009

“Une pause s’impose” s’exclamait un jour un de mes camarades au milieu d’un cours, signalant au maître qu’il avait pompé assez d’air pour amener ses élèves au bord de l’asphyxie. Je me propose de faire écho à cette précieuse maxime en intercalant éventuellement entre deux commentaires rigoureux un interlude prenant la forme d’une fiction sociologique, manière aussi de faire pénitence si jamais je manque à ma tâche. Je ne promets aucune régularité, bien au contraire. Pour commencer, j’expie la semaine 35.

8h30. Voici déjà une dizaine de minutes que j’occupe cette position dont je viens soudain de réaliser qu’elle ne va pas de soi. Déformation professionnelle du would-be sociologue ou alors réaction de défense, comprenez : sentiment tel d’une différence – ils sont jeunes, je suis vieux – qu’il déclenche une alarme me signifiant que je dois sur le champ retourner le stigmate sous peine de me laisser accroire que je suis l’intrus ? Quoiqu’il en soit, je bascule dans ce que les anthropologues nomment l’observation participante, et l’extrême cohérence de la situation explose à mes yeux.
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Un crime sans déviance : le vol en interne comme activité routinière

Posté en Travail par Panda à 5 septembre 2009

Bonnet F. (2008), Un crime sans déviance : le vol en interne comme activité routinière, Revue française de sociologie, vol. 49, n° 2, pp. 331-350.

En février 2009, le journal Libération rapporte l’étrange mésaventure survenue en Allemagne à “une caissière virée pour un 1,30 euro“. Accusée d’avoir présenté deux bons de consigne oubliés par un client pour empocher l’argent, la caissière aurait donné un prétexte à la direction qui cherchait à s’en débarrasser depuis qu’elle avait pris la tête d’un mouvement de salariés dénonçant les conditions de travail. Rebelote en mars suivant, de l’autre côté du Rhin. Cette fois, c’est une caissière “mise à la porte pour un poil de cagnotte“, ou plus précisément pour être accusée d’avoir enregistré sur sa carte de fidélité les achats d’un client et bénéficier ainsi d’une réduction de 40 centimes d’euro. Moins de machiavélisme de la part de la direction ici, cette dernière semblant plutôt s’être enfermée dans une procédure.

C’est la disproportion entre le montant dérisoire des prétendus détournements et la sanction ainsi que le caractère mal avéré et donc potentiellement diffamatoire des accusations qui fait scandale. La condamnation morale du vol apparaît alors plus servir les intérêts de directions mal intentionnées que ceux de la société. Pour François Bonnet, il faut pousser les feux plus avant : l’hypothèse serait que la direction va jusqu’à organiser la possibilité d’être volée.

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Entre les vivants et les morts : les pompes funèbres aux portes du marché

Posté en Marché par Panda à 24 août 2009

Trompette P., Boissin O. (2000), Entre les vivants et les morts : les pompes funèbres aux portes du marché, Sociologie du travail, vol. 42, n°3, pp. 483-504.

Comment se constitue un marché au sens classique du système organisé de mise en relation d’une offre et d’une demande ne se connaissant ni d’Eve ni d’Adam pour échanger un bien ou un service contre de l’argent ? Sachant les efforts déployés par les spécialistes du marketing pour susciter de nouveaux “besoins” que les produits qu’ils doivent écouler viennent comme par hasard satisfaire, on se doute déjà que l’offre et la demande ne sont pas les fruits d’une génération spontanée. Mais avant même de parler de besoins créés de toutes pièces, il en est de tout naturels. La question qui se pose alors est celle du processus par lequel la satisfaction de ces besoins va finalement être assurée dans le cadre d’une relation marchande à l’exception de tout autre, comme par exemple celui des solidarités familiales – on parlera de marchandisation. Dans cet article, Pascale Trompette et Olivier Boissin cherchent à nous éclairer sur ce qui se joue dans ce moment en prenant comme point de départ l’ouverture officielle à la concurrence du funéraire, ou quand il devient nécessaire de parler du prix à payer pour faire disparaître nos cadavres.

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Une féminisation sur fond de segmentation professionnelle genrée : le cas des policières en commissariat

Posté en Travail par Panda à 16 août 2009

Boussard V., Loriol M., Caroly S. (2007), Une féminisation sur fond de segmentation professionnelle genrée : le cas des policières en commissariat, Sociologies pratiques, n°14, pp. 75-88.

A en croire les hommes comme les femmes qui y travaillent, la gente féminine se serait faite sa place dans la Police. “Circulez, il n’y a rien à voir” voudrait-on opposer aux sociologues que la question de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes intrigue, travaillés qu’ils sont par cette idée que le sexe biologique prendrait une signification sociale différente selon le contexte qu’on considère : on ne serait pas femme pareillement ici et là. Partant, que peut signifier l’affirmation selon laquelle les hommes et les femmes seraient traités également ? On saisit bien l’égalité, mais quels en sont les membres ? Impossible de le comprendre sans s’immerger dans le contexte où est formulée la proposition pour y observer ce que c’est que d’y être un homme ou une femme exactement. Pour cette raison, Valérie Boussard, Marc Loriol et Sandrine Coraly ont étudié la situation des policiers dans quatre commissariats, portant leur attention sur le quotidien et sur les trajectoires professionnelles.

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Pourquoi l’âge est-il en France le premier facteur de discrimination dans l’emploi ?

Posté en Politiques publiques par Panda à 9 août 2009

Guillemard A.-M. (2007), Pourquoi l’âge est-il en France le premier facteur de discrimination dans l’emploi ?, Retraite et société, n°51, pp. 11-25.

Invités par l’article 11 de la loi portant réforme des retraites du 21 août 2003 à négocier sur l’emploi des seniors, les partenaires sociaux concluent leurs discussions par l’ANI du 13 octobre 2005 (Accord National Interprofessionnel) “relatif à l’emploi des seniors en vue de promouvoir leur maintien et leur retour à l’emploi”, signé le 9 mars 2006 par toutes les organisations disposant d’une présomption irréfragable de représentativité, exception faite de la CGT et de la CGT-FO. Dans son plan national d’action concerté pour l’emploi des seniors du 6 juin 2006, le gouvernement reprend l’idée développée dans l’ANI d’”un contrat à durée déterminée d’une durée maximum de 18 mois, renouvelable une fois, pour les personnes de plus de 57 ans en recherche d’emploi depuis plus de 3 mois ou bénéficiaire d’une convention de reclassement personnalisé”. Ainsi conçu, le CDD senior entre en vigueur par décret le 28 août 2006. Dans l’esprit de ses promoteurs, ce nouveau contrat fait partie d’une panoplie d’outils qui doit permettre d’atteindre l’objectif du taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans de 50 % en 2010 fixé par les membres de l’Union lors du Conseil européen de Stockholm des 23 et 24 mars 20011. Un an plus tard, le 22 octobre 2007, le ministre de l’emploi de la nouvelle majorité annonce que seulement 20 CDD seniors ont été signés, pour en conclure que l’Etat doit reprendre en main un dossier que les partenaires sociaux n’ont pas été capables de traiter. Mais qu’est-ce qui bloque au juste en matière d’emploi des seniors ? Pour Anne-Marie Guillemard, l’explication est à rechercher dans l’effet pervers des politiques publiques ciblant des catégories d’âge.

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Du souci scolaire au sérieux managérial, ou comment on devient un “HEC”

Posté en Education par Panda à 2 août 2009

Abraham Y.-M. (2007), Du souci scolaire au sérieux managérial, ou comment on devient un ‘HEC’, Revue française de sociologie, vol. 48, n°1, pp. 37-66.

La vocation du système scolaire serait d’offrir à chacun la possibilité d’accéder aux plus hautes positions sociales sur la seule base de son mérite académique, c’est-à-dire indépendamment de ses origines ethniques et sociales. Dans cet esprit, le concours apparaît comme le moyen par lequel la méritocratie s’assure qu’aucune tête ne dépasse plus qu’une autre, sauf par son volume. Hormis que “rien, ni dans l’expérience, ni dans la nature des choses ne peut donner la certitude que les qualités intellectuelles de l’adulte seront celles de l’homme fait”, comme le précisait Balzac dans une critique du principe du concours, il est possible de s’interroger sur ce projet propre à entretenir chez les élites le sentiment qu’elles se sont faites toutes seules. Prenant pour exemple HEC, Pierre-Yves Abraham vient compléter les analyses de Pierre Bourdieu sur ce point en montrant combien les origines sociales continuent de peser sur les étudiants après leur sélection.

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